M. le Professeur Pierre BOURGEOIS

 

Extrait du discours dit lors de ses obsèques par les Dr Jacques ROG2 et Jean Paul GARAIX.

Pierre Bourgeois nous a quittés sans souffrance le 19 avril 1991. C'est une forte personnalité du monde médical et plus particulièrement de la Pneumologie Française qui a disparu.

Il était né le 25 juin1901, d'un père notaire a Breurey, petit village de Franche-Comté. Après des études secondaires à Lure et à Luxeuil, il « monta » à Paris faire sa médecine, qu'il mena tambour battant, réussissant très vite examens et concours, jusqu'à devenir, à 31 ans, l'un des plus jeunes médecins des Hôpitaux de Paris. Son internat fut profondément marqué par des Maîtres comme Laignel-Lavastine, André Guillain, et Fernand Widal (il eut même le privilège d'assister à des consultations de Babinski parvenu à la fin de sa vie).

S'étant tourné d'abord vers cette spécialité hybride qu'on appelait à l'époque la Neuro-Psychiatrie, il devint définitivement « phtisiologue » puis pneumologue à partir de 1932. Durant ses 40 années de Chef de service (un record), il dirigea successivement : le sanatorium de Brévannes, des services de Boucieaut, Cochin, Bichat et Champcœuil. Pour l'ensemble de son œuvre scientifique,  les innombrables services rendus à l'enseignement, aux organismes sociaux et à la fonction publique, il fut justement élu à l'Académie de Médecine en 1979.

Pour mieux comprendre ce que furent l’homme et sa carrière, il n'est que de lire ses mémoires rédigées (en 3 volumes) à la fin de sa vie et destinés à sa grande et belle famille - enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Il s'agit d'une œuvre qui eût mérité d’être publiée et que devraient consulter tous ceux que passionne l'histoire de la Médecine de 1920 à nos jours. Qu'il décrive des personnages célèbres ou inconnus, des événements historiques ou quotidiens, Pierre Bourgeois fait preuve d’une prodigieuse mémoire, d'un sens très aigu de l'observation juste et de cet humour réconfortant qui fut toujours le sien. Sa grande lucidité s'applique aussi à lui-même quand il se définit en deux phrases-clés :

« J'aime construire et organiser ».
« J'ai toujours été très curieux des choses et des gens ».

Qu'il ait été un organisateur et un créateur, la réussite de ses nombreuses actions et entreprises le prouve. De 1944 à 1946, Directeur du Service de Santé du Rapatriement, il est l'un des principaux organisateurs du retour en France des Prisonniers, Déportés et Réfugiés.

Entre 1955 et 1960, alors que la réanimation médicale vient de naître dans le service du Professeur Mollaret à l'Hôpital Claude Bernard, il crée l'un des tout premiers centres de réanimation respiratoire à l'Hôpital Bichat.

Durant son long passage (1958-1972) au Secrétariat Général du Collège de Médecine, il donne une impulsion nouvelle aux activités de cet organisme, en particulier dans le domaine de l'iconographie pédagogique, de l'édition (Cahiers de Médecine, Monographies du Collège de Médecine) et de l'enseignement post-universitaire.

En 1949, il avait créé les «Journées de Pneumologie » qui devinrent vite le rendez-vous annuel des pneumologues de Paris et de province avant de se transformer en « Association pour la formation continue en pratique pneumologique ».

Les nombreux travaux scientifiques de Pierre Bourgeois eurent pour thèmes principaux : la tuberculose pulmonaire, les bronchites chroniques et la réanimation respiratoire. Ses œuvres didactiques comportent, outre plusieurs monographies, deux importants traités consacrés l'un à la tuberculose pulmonaire, l'autre aux maladies de l'appareil respiratoire, dans la collection Flammarion, à révision annuelle.

Il appartint à plusieurs sociétés scientifiques dont la Société de Pathologie Respiratoire et la Société Médicale des Hôpitaux de Paris qu'il présida en 1969. Pendant 40 ans, il présida aussi avec beaucoup de dévouement le Conseil d'administration du Sanatorium de la Grange sur le Mont.

Que le médecin fût « très curieux des choses et des gens », sa grande culture en témoignait et notamment sa connaissance approfondie des pays européens. C'est ainsi qu'hispanisant par passion, germanisant par admiration du génie allemand (ce qui ne l'empêcha pas d'être un authentique résistant), il fut un Européen convaincu avant bien d'autres et mieux que d'autres, car il le fut autant par le cœur que par l'esprit.

Pierre Bourgeois était avant tout un homme de cœur et quand il écrit de son père que sous sa stature imposante « il cachait une extrême sensibilité », la description s'applique étonnamment à lui-même. Son accueil était toujours empreint d'une grande courtoisie et de cette simplicité naturelle qui n'appartient qu'aux vraies intelligences. Sa curiosité insatiable pour les hommes le poussait à chercher en toute personne un personnage, comme s'il avait voulu sortir chacun de son anonymat. Il en devint un étonnant collectionneur de particularismes, de pittoresque et d'histoires qu'il racontait avec verve et un rien d'accent comtois. Bien que sans illusions ni œillères, il choisit d'être un optimiste, résolu et constructif ; et comme tous ceux qui surent aimer la vie, la vie le lui rendit bien.

Les dernières années de son existence furent néanmoins assombries par le décès de Madame le Docteur Denise Bourgeois, son épouse, collaboratrice et complice de toujours. Les élèves de Pierre Bourgeois ont perdu leur patron et, peut-être davantage encore, un ami : fidèle, loyal, indéfectiblement bienveillant.

Jacques ROGÉ et Jean-Paul GARAIX

 


Ici, avec le Pr Daniel ANTHOINE (1) et le Dr Monique TISNE CAMUS (2)

 

Docteur Monique TISNÉ-CAMUS

 

Madame TISNÉ-CAMUS a été secrétaire et trésorière, « cheville ouvrière » de l’association de 1991 à 2008 avec beaucoup de talent et de dévouement. C'est elle qui créa le concours d'Imagerie Thoracique

Elle est née le 17 Mai 1920 à PARIS dans le 14lème arrondissement; elle est décédée à PARIS le 27 Juillet 2009 à l'âge de 89 ans. Elle était mère de 4 enfants et avait 6 petits-enfants et 5 arrière-petits-enfants. 

Elle fît ses études au Lycée Victor DURUY à PARIS, puis à la Faculté de Médecine. Docteur en Médecine en 1947, elle était titulaire du Diplôme de Méthodologie appliquée à la Rhumatologie. Elle était avant tout Chevalier de la Légion d'Honneur depuis 2006 et élevée au grade d'Officier en 2008.

En 1955 elle embrassa la carrière de Médecin de l'Industrie Pharmaceutique jusqu'en 2008, au sein du Laboratoire GENEVRIER, orienté vers la rhumatologie. 

Elle exerça également une carrière politique au sein du RPR puis de l’UMP, suppléante du député Jean TIBERI, puis titulaire en 1976. Elle fut notamment rapporteur à l'Assemblée Nationale d'un projet de loi relatif à la lutte contre le tabagisme ; elle occupa également les fonctions de premier adjoint au Maire du 5lème arrondissement de PARIS de 1981 à 1988. Elle présida de 1981 à 2004 l'Association pour la santé mentale et la lutte contre l'alcoolisme.